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Symbolisme païen de l'arc-en-ciel

Publié le par La Caravane des Sources

Symbolisme païen de l'arc-en-ciel

 

SYMBOLISME PAÏEN DE L'ARC-EN-CIEL...

Alors que la tradition biblique réduit l'arc-en-ciel à une image de l'alliance passée entre dieu et son peuple élu, le peuple d'Israël, les traditions polythéistes du monde entier lui ont donné une valeur bien plus profonde. Pour les païens, l'arc-en-ciel était le pont sacré, celui qu'empruntent les Dieux pour se rendre dans les différents mondes. Il était vu 
comme le lien mythique entre le monde ouranien, le monde céleste, et le monde terrestre. Il est ainsi le chemin et la médiation entre l'ici-bas et l'au-dessus. Ce pont reliant ciel et terre a survécu dans un terme romain qui désignait une classe de prêtres païens: les pontifes. Le pontifex était chargé de garder un pont sacré et de veiller au respect des rites dédiés aux Dieux. Un pont est donc ce qui relie, ce qui génère un lien. C'est d'ailleurs cette dernière notion qui est à l'origine du mot "religion", mot qui vient du terme latin "religio" (qui relie avec le divin). Le pont et l'arc-en-ciel doivent donc être compris comme ce qui établit le lien (religio) entre les hommes et les Dieux. Par ailleurs, il existe un aspect secondaire dans la symbolique de l'arc-en-ciel, c'est celui qui le relie à l'eau céleste, la pluie, et à son pouvoir fécondant. Dans tous les cas de figure, l'arc en ciel nous connecte au monde des Dieux et à la dimension magico-religieuse des renouvellements cycliques. 

Chez les chamans de tradition sibérienne, très proches des traditions chamaniques du Nord européen, il existe la coutume d'utiliser des rubans portant le nom "arc-en-ciel" afin de symboliser le pouvoir du chaman de voyager entre les différents mondes, celui des vivants et celui des esprits. Cette communication avec les sphères supérieures de l'être n'est donc possible que si l'on emprunte le mythique pont arc-en-ciel. 

Chez les Grecs l'arc-en-ciel était le grand lien entre hommes et Dieux olympiens. On lui donnait le nom d'Iris, le messager rapide des Dieux, et devint avec le temps l'expression même du langage des Dieux. 

Dans la tradition indo-aryenne, les sept couleurs de l'arc-en-ciel représentaient les sept différents cieux de leur cosmogonie. Ici aussi il symbolise la communication entre Dieux et hommes.

L'arc-en-ciel de tradition païenne le plus célèbre est sans aucun doute celui des peuples germano-nordiques. C'est le pont Bifrost. Il est le pont arc-en-ciel divin, celui qui relie le monde des hommes au lieu de résidence du Dieu Heimdall, le royaume nommé Himinbjörg. Le Dieu Heimdall est le grand gardien de l'arc-en-ciel Bifrost. Il veille à la porte qui donne accès à Asgard, le monde des Dieux Ases. En tant que veilleur de la porte divine, il peut être comparé au Dieu bicéphale des Romains, le Dieu Janus, celui qui garde la grande porte des transitions cycliques et du monde céleste des Dieux. Les textes anciens disent que les Ases empruntent chaque jour le pont arc-en-ciel Bifrost afin de se rendre à Urðarbrunnr, le puits du destin. Lors du grand accomplissement cyclique connu sous le nom de Ragnarök, les forces du chaos elles aussi empruntent le pont arc-en-ciel Bifrost, prenant ainsi d'assaut Asgard, le monde des Dieux. C'est ce même Ragnarök qui est annoncé par le Dieu Heimdall lorsqu'il fait retentir son cor afin que tous les 9 mondes soient au courant de cet évènement eschatologique. Au travers de la tradition germano-nordique, nous pouvons donc constater encore une fois que le symbolisme de l'arc-en-ciel est prinicpalement celui du chemin céleste entre hommes et Dieux, celui qu'emprunte souvent "l'habitué des chemins" (Vegtamr), le Dieu Odinn.
Certaines coutumes qui ont survécu dans la sagesse populaire des Germains (le folklore), démontrent que les hommes voyaient l'arc-en-ciel avec grand respect, et même avec crainte. En Bavière, en Souabe, et en Prusse orientale, il est commun de dire qu'il vaut mieux se tenir éloigné d'un arc-en-ciel, au risque d'être "aspiré" vers le haut, vers les sphères célestes. On peut évidemment voir dans cette crainte une survivance de l'ancienne croyance au pont comme médiation entre ciel et terre. En Bohème, avoir un arc-en-ciel qui finit sur un foyer, nétait pas de bonne augure pour la famille de la maison. On s'attendait alors à un brusque changement du destin. En Silésie et en Autriche on déconseille de pointer du doigt vers l'arc-en-ciel au risque d'attirer sur soi des changements indésirables. Et dans presque tous les folklores germano-nordiques, l'extrémité d'un arc-en-ciel est le lieu où se cache un énorme trésor, élément mythologique symbolique mettant l'accent sur l'aspect hautement sacré du lieu. 

Ainsi, lorsque vous avez la chance de voir un splendide arc-en-ciel, n'hésitez pas à vous laisser envoûter par la magie de cet ancien symbole qui vous portera alors vers les racines mêmes de nos anciennes religions païennes. 

Hathuwolf Harson

Sources:
"Kleines Lexikon des Aberglaubens", Ditte und Giovanni Bandini

"Lexikon der germanischen Mythologie", Rudolf Simek

"Dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

"La religion romaine archaïque", Georges Dumézil

Le Dieu Heimdall: 
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=278903585581790&set=a.306265149512300.1073741847.230064080465741&type=3&theater

 

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Mimir et le symbolisme du puits

Publié le par La Caravane des Sources

Mimir et le symbolisme du puits

 

MIMIR ET LE SYMBOLISME DU PUITS…

Dans la mythologie germano-nordique, Mimir est un sage. L’auteur islandais du moyen-âge Snorri Sturluson dans la Ynglinga Saga 4 décrit Mimir comme un des Dieux Ases. L’étymologie de son nom signifie “le sage, celui qui se souvient”. Suite à la guerre entre les Dieux Ases et les Dieux Vanes, Mimir fut décapité. Sa tête se trouve depuis près d’un puits qui porte le nom même du Dieu. Grâce à la magie du Dieu Odinn qui utilisa le secret de certaines herbes, la tête de Mimir continua à vivre et put ainsi prodiguer ses sages conseils. Le fait que Mimir puisse vivre sans son corps est une démonstration symbolique de l’importance que revêt la partie intellectuelle et spirituelle pour ce Dieu. Car c’est bien là sa fonction principale et même unique, celle de la connaissance et de la sagesse. 

Le puits de Mimir est identifié comme étant le Dieu lui-même. Ce puits est celui où le Dieu Odinn sacrifia son oeil afin d’obtenir la connaissance et la sagesse. Odinn se rend régulièrement au puits de Mimir car c’est là que le Dieu vient chercher conseil. Un des surnoms du Dieu Odinn est d’ailleurs “Míms Vinr”, ce qui signifie “l’ami de Mimir”. Selon les anciens textes, le puits de Mimir se trouve sous une des racines de l’arbre du monde Yggdrasil, l’axis mundi. Cette racine est celle qui s’étend vers le monde des Géants nommés Hrimthursar. 

Dans de nombreuses traditions païennes, le puits revêt un caractère sacré. Il est le lien entre ciel, terre, et infra-monde. Le puits réunit en lui les trois éléments fondamentaux que sont l’eau, la terre, et l’air. Il est la voie de communication entre les différents mondes. Il est une véritable lunette astronomique braquée au fond des entrailles de la terre, et c’est dans les profondeurs occultes de l’infra-monde que résident les secrets de la connaissance, ceux qui relient la Terre-Mère au Père-Ciel. Cette connaissance de la sagesse divine liée au puits a laissé des traces dans la langue française, car on dit encore de nos jours “la vérité se cache au fond du puits”. 

Le puits symbolise aussi l’homme qui atteint la connaissance des sages. On dit de cet homme qu’il est “un puits de sagesse”. Le puits est à ce titre un microcosme représentant l’homme. Il est une image même de l’homme réalisé dans sa quête de sagesse, les pieds enracinés dans la terre et la tête dans les étoiles. Le poète Victor Hugo dans sa “contemplation suprême” décrit très bien cette tradition symbolique de l’homme et du puits: “chose inouïe, c'est au-dedans de soi qu'il faut regarder le dehors. Le profond miroir sombre est au-dedans de l'homme. Là est le clair-obscur terrible... En nous penchant sur ce puits, nous y apercevons à une distance d'abîme, dans un cercle étroit, le monde immense...".

Hathuwolf Harson

Sources:
"Lexikon der germanischen Mythologie", Rudolf Simek

"Dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

 

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Symbolisme des sources

Publié le par La Caravane des Sources

Symbolisme des sources
 
SYMBOLISME DES SOURCES… DE TRÈS ANCIENS RITES PAÏENS…

C’est à un voyage au plus profond de nos racines païennes que nous invite le symbolisme des sources. Les nombreux rites qui entourent le culte des sources remontent à la plus haute préhistoire, très certainement au paléolithique. Ceci nous situe donc à une époque largement antérieure aux Indo-Européens, ceux qu’on nommait les Aryens au début d
u 20è siècle. Cependant, les Indo-Européens intégrèrent plus tard parfaitement le culte aux sources à leur propre panthéon, en lui donnant la place sacrée qu’il mérite. Le culte aux sources se retrouve dans toutes les traditions païennes de nos ancêtres européens, et même au-delà, puisqu’il est présent dans le monde entier. En Europe, qu’ils soient Romains, Slaves, Ibères, Germains, Grecs, Celtes, Finno-Ougriens, ou encore Basques, tous les peuples païens ont religieusement vénéré les sources, une vénération qui a souvent survécu jusqu’à nos jours. 

Depuis tous temps, on prête principalement aux sources des vertus curatives, un pouvoir de guérison qui n’est pas tellement dû à l’eau en soi, mais plutôt à l’esprit qui habite cette source. L’Esprit de la source a pris au cours des différentes traditions païennes de l’histoire de nombreux aspects. Nymphes, Ondines, Génies, Fées, Divinités, sont quelques-uns de ces aspects qui incarnent l’Esprit sacré de la source. Ces Esprits possèdent le pouvoir de réaliser les souhaits, surtout ceux qui relèvent de la santé et de la guérison. Leur pouvoir peut être très grand, et bien au-delà de la seule médecine, du moment que l’offrande apportée est conséquente. Certains sacrifices aux Esprits des sources se caractérisaient par leur couleur blanche, couleur associée à la pureté et à la lumière. Parmi les offrandes se trouvaient par exemple des œufs, du lait, ou encore du sel. Les pièces de monnaie furent elles aussi une des offrandes caractéristiques aux sources, car elles symbolisent une partie de la richesse et du bien-être que l’on donne à l’Esprit en échange de ses bienfaits. Ceci est une des nombreuses coutumes anciennes qui a très bien survécu jusqu’à l’époque contemporaine. Car qui n’a pas jeté une pièce de monnaie dans une source ou un puits ayant la réputation de réaliser les souhaits? D’autres types d’offrande furent attestés durant l’histoire du culte aux sources, du pain, des fibules, des aiguilles, des symboles liés à la notion de richesse. Mais jusqu’à nos jours, le sacrifice principal fait aux sources est celui de bandelettes de vêtement. Ce sont des morceaux de vêtement ayant eu un contact avec la partie malade du corps qui sont accrochés près des sources, ceci afin de favoriser la guérison bien-sûr. 

Le culte aux Esprits des sources était particulièrement rendu au printemps et pendant les célébrations cycliques telles que les solstices. On favorisait ainsi l’abondance et la santé pour le reste de la saison. Des rites empreints de magie naturelle se tenaient près des sources sacrées, apportant ainsi richesse et guérison à tout le clan. Les sources étaient alors décorées de fleurs, de bijoux, et d’objets rituels. Au printemps on dressait un mât près de la source afin de libérer son pouvoir de fécondité, tradition qui a survécu avec le mât de mai. 

Le pouvoir de l’Esprit des sources est également lié à la connaissance, et nous verrons plus loin pourquoi. Le fait est que cette connaissance était profondément respectée par les Anciens, à tel point qu’on leur prêtait le pouvoir de connaître le destin des choses et des hommes. Il n’était donc pas rare que des rites divinatoires aient lieu près des sources. Tout cet aspect qui relie source et connaissance se retrouve par exemple parfaitement dans le mythe germano-nordique du puits de Mimir. Le Dieu Mimir dont il reste la seule tête, est l’Esprit de la source / puits qui partage la connaissance sacrée avec le Dieu Wodan / Óðin, après que ce dernier lui ait sacrifié un œil. Par ailleurs, on constate aussi l’existence de nombreux mythes du moyen âge où le visage du futur époux apparaît magiquement dans l’eau cristalline d’une source sacrée durant une nuit de nouvel an. 

De tous les païens d’Europe, ce sont sans aucun doute les Celtes qui ont eu la plus forte relation magico-religieuse aux sources. On ne compte plus les innombrables sources sacrées de la tradition celtique tellement qu’il en existe. Dans tous les pays dont l’héritage celte est important, on retrouve de fortes traces d’un culte aux sources. C’est le cas pour une bonne partie de la Grande-Bretagne, l’Irlande, la France, une partie de l’Espagne, le Sud de l’Allemagne, l’Autriche, etc… Que les Celtes aient eu une intense connexion religieuse avec leurs sources se comprend mieux lorsqu’on se souvient que de tous les peuples indo-européens, les Celtes sont ceux qui intégrèrent le plus les cultes anciens, ceux antérieurs aux Indo-Européens, issus donc du néolithique et du paléolithique. Lorsqu’arriva la malédiction du christianisme en Europe, le culte aux sources était tellement ancré dans l’esprit des Celtes, que le christianisme n’en vint pas à bout. Après des tentatives de destruction et d’interdiction, les chrétiens se rendirent à l’évidence, rien n’empêcherait les Celtes de continuer à vénérer religieusement leurs sources. La stratégie chrétienne fut alors des plus classiques : on remplaça l’Esprit de la source ou la Divinité païenne par un saint ou une sainte chrétienne. Alors que la plupart du temps, le christianisme a complètement corrompu les anciens symboles païens en leur donnant un sens purement judéo-chrétien, dans le cas des sources on peut parler d’une très légère christianisation, car souvent le fond a pu subsister sans trop d’altération par rapport à l’origine païenne. Par ailleurs, de grandes églises chrétiennes furent construites sur d’anciennes sources sacrées des Celtes afin de récupérer la dévotion populaire, permettant ainsi une conversion massive et sournoise. On peut citer quelques exemples célèbres comme les églises de Chartres, Canterbury, York, ou encore Würzburg. 

Au moment des grandes fêtes rituelles des Celtes, les sources étaient décorées de feuillages et de fleurs, symbolisant la célébration de la vie et de sa force que l’on vénère au travers de la source. C’est ainsi qu’on peut s’imaginer par exemple le culte à la source de la Seine. Les archéologues ont en effet mis à jour près de la source de la Seine de véritables trésors, des offrandes faites à la Déesse Sequana, l’Esprit de la source et Déesse de la Seine. Quelques 836 pièces de monnaie furent trouvées, des ex-votos, une statue en bronze de la Déesse Sequana, et un vase que l’on peut relier symboliquement au chaudron des druides et aux racines païennes du graal. Les offrandes faites aux sources démontrent que chez les Celtes aussi, on vénérait les Esprits des sources avant tout pour leur pouvoir de guérison. Mais d’autres traces nous indiquent également un lien avec la fertilité et la divination. Ce dernier aspect trouve son explication dans le fait que certaines coutumes voyaient les sources comme des portes vers les autres mondes, les « au-delà » de la cosmogonie celtique. Les archéologues ont pu confirmer cette approche spirituelle du culte aux sources, par la découverte de têtes qui furent sacrifiées à l’Esprit de la source. La tête comme symbole de la connaissance liée à une source rappelle clairement le mythe nordique de Mimir. Lorsqu’on se souvient de l’importance du culte aux têtes coupées chez les Celtes, on comprend encore mieux ces sacrifices.

Venons-en à présent au symbolisme des sources proprement dit. Une source, comme Eau Vive ou Eau Vierge, est la manifestation matérielle des forces de fécondation, celle qui permet la croissance des espèces, et comme on dit très justement, la source de toute vie. La source participe d’un processus cyclique : la pluie, qui est la semence céleste, pénètre la terre, la féconde, puis ressurgit de la terre par la source, et de là va féconder une autre fois par maintes rivières interposées la terre. Lorsque ces rivières ont rejoint l’océan, l’eau s’évapore pour former les nuages qui à leur tour vont à nouveau générer la pluie primordiale. Bien que l’eau soit dans ce cas lié à un symbolisme masculin, le sperme divin, la source quant-à elle est liée à l’aspect féminin, celui de la Terre-Mère. 

L’eau d’une source se caractérise par sa pureté. Cette pureté est celle que l’on recueille avec l’eau de source lorsque les anciens pratiquaient le nettoyage rituel de lieux ou d’objet sacrés. On parle dans ce cas d’eau lustrale, une eau qui purifie ce qu’elle touche. 

De plus, la source est le symbole de toute origine. L’expression populaire « le retour aux sources » exprime cette notion de retour aux origines. La source comme origine de toutes choses est ainsi en connexion directe avec le principe de mémoire. L’origine ne se conserve que si la mémoire et la pensée ne sont pas perdues. Et comme nous le savons par plusieurs mythes païens d’Europe, la mémoire et la pensée jouent un rôle primordial dans la transmission de la connaissance. Dans la tradition païenne germano-nordique, les corbeaux du Dieu Wodan / Óðin portent justement des noms qui ne laissent aucune place au doute : Mémoire et Pensée (Hugin et Munin). La source est ainsi le puits de la connaissance, tandis que la mémoire et la pensée en sont ses véhicules. Dans la tradition païenne grecque, la Mémoire est devenue la mère des Muses, elle est donc elle aussi la source de toute connaissance. Le système religieux des traditions païennes reposait à l’origine uniquement sur la transmission orale de génération en génération, d’initié en initié, ce qui permet de mieux comprendre l’importance incontournable de la mémoire. Toujours dans la tradition grecque, il existe un texte orphique qui est lui aussi révélateur de ce symbolisme des sources. Voici ce disent les Tablettes Orphiques à propos de ceux qui arrivent dans le royaume des morts : « Tu trouveras dans la maison d’Hadès, à gauche, une source ; près d’elle se dresse un cyprès blanc ; de cette source garde-toi même de t’approcher. Tu en trouveras une autre, une eau fraîche qui s’écoule du marais de Mémoire : des gardiens se tiennent devant elle. Dis-leur : je suis l’enfant de la Terre et du Ciel étoilé ; vous le savez bien vous-mêmes. Je suis desseché par la soif et je me meurs : donnez-moi donc immédiatement de l’eau fraîche qui s’écoule du marais de Mémoire. Et alors ils te donneront à boire de la source divine et tu iras régner ensuite parmi les héros. » La première source dont parle le texte orphique et dont il ne faut pas boire, est celle de Léthé. L’eau de cette source est celle de l’oubli, celle qui plonge dans le sommeil de la mort. L’autre source évoquée dans le texte est celle de la Mémoire, celle qui assure un éveil immortel propre aux héros.  

Hathuwolf Harson

Sources:
“Kleines Lexikon des Aberglaubens”, Ditte und Giovanni Bandini

“Dictionnaire des symboles”, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

"Lexikon der keltischen Mythologie" Sylvia und F. Botheroyd.

Mimir et le symbolisme du puits: 
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Symbolisme des marais

Publié le par La Caravane des Sources

Symbolisme des marais
 
SYMBOLISME DES PAYSAGES… LES MARAIS…

Dans le célèbre roman de Tolkien «Le seigneur des anneaux», les Hobbits accompagnés de Gollum sur leur chemin vers Mordor, traversent une vaste zone de marécages. Ils se retrouvent confrontés à la vision des morts qui demeurent dans ces lugubres marais. Cette vision n’est pas le fruit de l’imagination de l’auteur. Elle correspond en fait au symbolisme des marais hérité des traditions païennes européennes. 

Dans la tradition germanique, il existait de nombreuses zones marécageuses considérées comme sacrées, des zones connues en allemand sous le nom de «Moorlandschaften». Tacite décrit au 1er siècle de l’ère vulgaire ces marais comme des endroits où les Germains réalisaient des offrandes à leurs Divinités, en particulier à leur grande Déesse Nerthus, la Terre-Mère. Pour certaines occasions extrêmes, ils y effectuaient entre autres des sacrifices humains. Ceci nous est confirmé par plusieurs corps momifiés mis à jours par l’archéologie. Des cas similaires furent observés par les archéologues pour la tradition celtique insulaire (en Grande-Bretagne et en Irlande). Tout ceci vient corroborer le symbolisme des marais, un symbolisme fortement lié à la Terre-Mère et à la mort. 

Les marais sont en effet un lieu de décomposition et de putréfaction. L’eau et la terre s’unissent dans les marais de forme passive mettant en marche le processus naturel de la putréfaction. C’est un processus qui connecte directement avec la mort. Mais cette mort n’est pas vue comme la fin définitive de la vie, car elle entre de fait dans la conception très païenne des cycles. La vie mène à la mort, et de cette dernière surgit une nouvelle vie. Tout comme dans les cycles saisonniers, la mort n’est qu’apparente. C’est le principe ancestral de Vie-Mort-Renaissance. La décomposition qui s’opère dans les marais, reflète parfaitement ce principe de transition au travers duquel le «vieux» se dissout pour laisser place à quelque chose de nouveau. «Il faut mourir pour renaître» dit le vieil adage païen, ce qui illustre très bien le symbolisme des marais. 

Le symbolisme de la boue rejoint de la même manière celui des marais. L’union de la terre et de l’eau font appel au concept de la vie qui meurt et qui renaît, le tout dans un processus naturel de transition et de transformation. C’est la Déesse-Mère qui enlève la vie pour la redonner d’un autre côté. La boue est la substance de la naissance à travers laquelle apparaît la matière. Elle nous connecte avec l’élément primordial de la terre dans un esprit de fécondation cyclique. L’immobilisme des marais est justement le miroir de la passivité symbolique de ses paysages. Les marais sont les endroits sacrés de nature féminine où se génère la matière indifférenciée et primordiale. Ils sont aussi un endroit d’initiation où le novice entre en contact avec les principes décrits ci-dessus. Les marais sont à ce titre un centre spirituel. Ce n’est pas un hasard si dans l’ancienne Grèce les marais étaient comparés symboliquement au labyrinthe qui est le chemin de l’initiation spirituelle. La psychanalyse fait d’ailleurs la connexion entre marais et inconscient humain, un lieu maternel qui permet les germinations invisibles. 

Hathuwolf Harson

Sources :
«Animal-chamán – La sabiduría y los poderes mágicos y espirituales del mundo animal», Ted Andrews

«Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

 

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Symbolisme des mers et océans

Publié le par La Caravane des Sources

Symbolisme des mers et océans
 
 
SYMBOLISME DES PAYSAGES… MERS ET OCÉANS…

Dans toutes les traditions païennes l’eau a toujours eu une importante valeur symbolique. L’eau est la source originelle de toute vie. Dans les mythes germano-nordiques, l’eau naquit de la rencontre violente entre le monde du feu et celui de la glace. Et c’est donc de cette eau primordiale que surgit la vie. C’est une eau obscure, profonde et mystérieuse. Elle est l’origine de tout principe de fécondité. 

L’océan et la mer ressemblent à des étendues sans limites, et sont pour cette raison des images de l’indistinction primordiale. La traversée de telles eaux fut de tous temps associée à de grands périls, car le marin s’affronte à l’inconnu et au danger dans cette immensité qui n’est pas son élément naturel. La profondeur des océans est le symbole de l’inconscient humain, le symbole de cette partie occulte de notre esprit qui est dominé par les pulsions et par l’instinct. Cet inconscient occulte est figuré dans les mythes païens par les monstres marins et autres dragons aquatiques. Dans le panthéon celte des Irlandais, le Dieu Manannan est fils de l’océan, du Dieu Lir. Plus qu’une Divinité aquatique, Manannan représente justement la primordialité et la partie occulte de l’être divin, celui qui ouvre entre autres les portes de l’autre monde. 

Par son mouvement perpétuel, l’océan figure la dynamique de la vie, car le mouvement est l’étincelle de la vie. L’océan est un état de transition et de transformation. Tout vient de la mer, et tout y retourne. C’est le lieu de naissance, mais aussi celui de la mort et de la renaissance. En cela, on retrouve les principes de la Déesse-Mère qui donne la vie et qui la reprend. Ce dernier aspect se retrouve par exemple avec la Déesse germano-nordique Ran, épouse d’Aegir le Géant des Océans. Ran possède un profil assez lugubre car c’est elle qui attire dans son sombre royaume les marins morts par noyade. 
Mais cela ne devrait pas occulter le fait que l’océan est avant tout source de vie et d’abondance, ne serait-ce que par la pêche. C’est là une fonction principale du Dieu germano-nordique Njördr, non un Dieu de la haute mer, mais un Dieu des zones côtières. Il est responsable des bonnes pêches et de l’abondance. Dans la tradition gréco-romaine, on sacrifiait aux eaux de la mer des chevaux et des taureaux afin d’obtenir la fécondité nécessaire pour perpétuer la vie.  

Hathuwolf Harson

Source :
"Dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

«Animal-chamán – La sabiduría y los poderes mágicos y espirituales del mundo animal», Ted Andrews
 
 

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La rune Laguz

Publié le par La Caravane des Sources

La rune Laguz
 
LA RUNE LAGUZ... SYMBOLISME DE L'EAU...

Voyons d'abord les noms de la rune dans les différentes langues germaniques ainsi que les dérivés linguistiques.

- Germanique commun: LAGUZ, signifie "un élément liquide, eau".

- Gothique: LAGUS, signifie "Eau".
- Anglo-saxon: LAGU, signifie "Eau, Mer".
- Norrois: LÖGR, signifie "Eau, Mer".

Dérivés lignuistiques:
- germanique commun: LAUKAZ, "poireau".
- indo-européen: *leg, goutter, couler.
- indo-européen: *lou, laver, baigner.
- anglo-saxon: Leccan, humidifier.
- vieil-haut-allemand: Louga, lavage de linge.
- norrois: Laug, lavage de linge.
- vieil islandais: Lauðr, écume.
- vieil islandais: Laugardag, jour du bain.
- vieil islandais: Laugask, se nettoyer, se purifier.
- vieil islandais: Leygja. laver, rincer.
- vieil islandais: Lokr, l'océan.
- écossais: Loch, lac.
- germanique commun: *leubh, aimer.
- anglais: Lake, lac.
- français: Lac, Lagune, Liquide, Lacustre.
- espagnol: Lago, Laguna.

Tous ces noms viennent de l'indo-européen *LAKU, *LOKU, qui signifie "Eau, Lac, Mer".

Les noms indiquent clairement que Laguz est la rune de l'eau. Laguz désigne l'élément liquide sous toutes ses formes: océan, pluie, lac, rivière, source, rosée,... 

L'eau est la source de toute vie. Elle est la vie sous son aspect le plus originel. L'eau figure la vie non-manifestée, celle qui est encore en germe. Ce sont les eaux dans lesquelles baigne le foetus dans le ventre de sa mère. Dans le cadre mythologique, l'eau est à l'origine née de la rencontre du monde du feu (Muspelheim) et du monde de la glace (Nifelheim). Du feu et de la glace naquît l'eau qui alimenta l'éclosion de la vie. L'eau a une très forte connexion également avec le sang, autre élément liquide qui est un symbole de la vie et de son renouvellement cyclique. Dans les anciens mythes germano-nordiques, on retrouve le sang du géant primordial Ymir, celui à partir duquel sera formée la terre. Les océans et autres milieux aquatiques sont nommés le sang d'Ymir. Des pis de la vache cosmique Auðumla sortent quatre flots de lait, ce qui nous relie au même symbolisme que le sang d'Ymir. 

L'élément liquide est très étroitement lié aux notions de fertilité et de fécondité, il en est même l'expression par excellence. L'eau qui irrigue les champs vient fertiliser la terre, c'est le sperme céleste qui féconde la Déesse. Cette notion est confirmée par un des noms germaniques de la rune, celui de Laukaz, le poireau. Ce légume a un rapport symbolique intime avec la puissance sexuelle masculine, ce qui nous rappelle un des aspects du Dieu Frey lorsque celui-ci est comparé à la puissance sexuelle du soleil fécondant la Terre-Mère. On retrouve ceci dans le skírnismál, mythe du Dieu Frey partant à la conquête de Gerd la Terre-Mère. Ce n'est pas pour rien que le Dieu Frey est fils de Njörðr, le Dieu des zones côtières ainsi que de la terre. Le poireau par ailleurs est une plante qui a besoin de beaucoup d'eau pour sa croissance, c'est le premier légume qui surgit après la saison hivernale. Il a aussi des vertus médicinales: il purife le corps, ses fibres entraînent les toxines, et il est antiseptique. Le nom du poireau, Laukaz, est également une des formules magiques que l'on retrouve sur de nombreuses inscriptions runiques d'amulettes germaniques. La formule Laukaz était invoquée pour apporter prospérité, fécondité, et fertilité. 

En plus de ces notions de croissance, l'eau est fortement rattachée au principe de purification. Tout comme le poireau, l'eau a des vertus curatives employées dans de nombreux rites de guérison. À un niveau magique, l'eau permet de fluidifier les choses, d'éliminer les blocages, et de renforcer les forces vitales. 

L'âge du bronze proto-germanique nous a également légué des gravures rupestres hautement intéressantes, gravures qui représentent très souvent le mythe païen de la barque solaire. C'est le navire qui emporte avec lui le soleil vers l'Ouest au-delà de l'océan, afin qu'il puisse renaître le lendemain. Les eaux de l'océan dans ce mythe de la barque solaire, sont associées au principe de la mort. L'eau est ici une force chtonienne terriblement puissante qui véhicule avec elle la mort et le renouvellement cyclique. L'eau donne la vie, mais elle peut aussi l'engloutir. C'est le rôle de Ran, Déesse des océans qui est responsable de la mort de bien des marins. Ran est l'épouse d'Aegir, le géant dont la fonction est de veiller sur la haute mer. 

Hathuwolf Harson

Sources:
"Runes" B.A.-BA, Anne-Laure et Arnaud d’Apremont

"Heilge Runen", Géza Von Neményi

"ALU, an advanced guide to operative runology", Edred Thorsson

"Helrunar, ein Handbuch der Runenmagie", Jan Fries

Rituel de la fille de la pluie: 
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=314097122062436&set=a.303290629809752.1073741834.230064080465741&type=3&theater
 

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Symbolisme de l'eau

Publié le par La Caravane des Sources

Symbolisme de l'eau

 

Merci Nathalie !

Un grand merci à Ombre Hel pour la compo de l'image  😘🧙‍♂️

 

SYMBOLISME DE L’EAU…

L'eau est la source de toute vie. Elle est la vie sous son aspect le plus originel. L'eau figure la vie non-manifestée, celle qui est encore en germe. Ce sont les eaux dans lesquelles baigne le fœtus dans le ventre de sa mère. L’eau comme élément symbolique du liquide peut prendre diverses formes telles que la pluie, l’océan, le lac, la rivière, la source, ou la rosée. 

Dans le cadre mythologique de la tradition germano-nordique, l'eau est à l'origine née de la rencontre du monde du feu (Muspelheim) et du monde de la glace (Nifelheim). Du feu et de la glace naquît l'eau qui alimenta l'éclosion de la vie. L'eau a une très forte connexion également avec le sang, autre élément liquide qui est un symbole de la vie et de son renouvellement cyclique. Dans les anciens mythes germano-nordiques, on retrouve le sang du géant primordial Ymir, celui à partir duquel sera formée la terre. Les océans et autres milieux aquatiques sont nommés le sang d'Ymir. Des pis de la vache cosmique Auðumla sortent quatre flots de lait, ce qui nous relie au même symbolisme que le sang d'Ymir. 

L'élément liquide est très étroitement lié aux notions de fertilité et de fécondité, il en est même l'expression par excellence. L'eau qui irrigue les champs vient fertiliser la terre, c'est le sperme céleste qui féconde la Déesse. En plus de ces notions de croissance, l'eau est fortement rattachée au principe de purification, car elle a des vertus curatives employées dans de nombreux rites de guérison. À un niveau magique, l'eau permet de fluidifier les choses, d'éliminer les blocages, et de renforcer les forces vitales. À ce niveau, le culte aux sources sacrées fut très important pour toutes les traditions païennes, un culte que l’église chrétienne tenta par tous les moyens d’interdire durant son histoire criminelle. Lorsque l’interdiction ne fut pas possible car la dévotion populaire était trop forte, alors l’église récupéra ces cultes en inventant une histoire de saint pour la coller à la vénération d’une source.

L’eau comme élément primordial contient tout le virtuel et l’informel car il est le germe des germes. L’eau possède en elle la promesse de tout développement et de la fécondité divine. Dans les textes du Rig-Véda de la tradition indo-aryenne, ce sont les eaux primordiales qui apportent la vie, la force, la pureté, et la régénération. C’est pour cela que dans de nombreux rites d’initiation ou de baptême, l’eau est employée comme élément sacré. L’eau efface. Elle rétablit l’être dans un état nouveau selon le principe de régénération cyclique. L’eau opère une renaissance dans le sens ou elle est la vie et la mort à la fois. Pourquoi la mort aussi ? Car en excès, l’eau peut causer de grands ravages comme lors d’inondations, de déluges, ou de tsunamis. Cette notion d’un élément qui donne la vie et la mort, se retrouve dans presque tous les symboles païens, car rien n’est absolu, tout est relatif. 

L’eau reste au niveau symbolique avant tout le symbole de force vitale fécondante. Et comme nous l’avons vu plus haut, l’élément eau est présent sous des formes très variées. La source, le lac, ou encore l’océan relient l’eau directement à la Terre-Mère, c’est l’eau dans son aspect chtonien. Alors que la pluie ou la rosée connectent l’eau au Ciel et à l’aspect ouranien. L’eau dans son symbolisme relève donc des deux aspects de la verticalité, terrestre et céleste. Ensuite, au sein de la catégorie des eaux liées à la Terre, il faut également distinguer deux principes différents : les eaux stagnantes (lac, étang, puits) et les eaux vives (rivières, torrents, fleuves). Les eaux stagnantes relèvent d’un symbolisme lié aux profondeurs occultes et mystérieuses de la Terre-Mère, alors que les eaux vives sont une pure manifestation de la puissance fécondatrice. 

Il y aurait bien-sûr beaucoup plus à dire sur le symbolisme détaillé de l’eau, mais pour une approche générale, voilà tout ce qu’on peut en dire. Je vous invite à consulter les liens ci-dessous qui renvoient à des articles où le symbolisme de l’eau y est également traité, des sujets comme la rune de l’eau (Laguz), le culte des sources, le symbolisme des océans, et des rites liés au baptême païen ou à la pluie. 

Hathuwolf Harson

Sources :
«Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

«Lexikon der germanischen Mythologie», Rudolf Simek

«Symboles celtiques», Thierry Jolif

Liens :
La rune Laguz=> 
https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.300053296800152.1073741833.230064080465741/401753913296756/?type=3&theater

Symbolisme des sources=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.1232657093539763.1073741864.230064080465741/559379434200869/?type=3&theater

Symbolisme des océans=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.1232657093539763.1073741864.230064080465741/1234871826651623/?type=3&theater

Rites de la naissance (tradition germanique)=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.303290629809752.1073741834.230064080465741/302943706511111/?type=3&theater

Rite de la pluie (germanique)=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.303290629809752.1073741834.230064080465741/314097122062436/?type=3&theater

 

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